Immersion dans l’énergie des parades de la Nouvelle Orlean.

Les rares occasions durant lesquels j’ai entendu parler de la nouvelle Orléans, il était question d’ouragans ou de racisme. Je connais donc bien mal cette ville et elle m’a été jusqu’alors présenter sous un jour tristement réducteur, mais heureusement le livre Death Magick Abondance d’Akasha Rabut, va m’aider à remédier à mon ignorance en faisant entrer toute la beauté et l’énergie des parades néo-orléanaise dans mon petit studio de 25m².

Akasha Rabut

Educatrice et photographe à la nouvelle Orléans, a travaillé pendant 10 ans pour réaliser cette oeuvre multicolore. Alors qu’elle pourrait aisément se laisser emporter par la facilité que lui offre la beauté ostentatoire de son sujet, elle parvient à réaliser un travail empreint de sens et dont l’aspect documentaire réussit à mettre en lumière ce qui fait véritablement la force et la beauté de cette ville et de ses habitants.

Elle réunit ainsi une série de 161 images argentique moyen format dans cet ouvrage au titre énigmatique. Les textes, placés en introduction de chacune des trois parties de l’ouvrage, nous en apprennent juste suffisamment pour apprécier pleinement les images. On y trouve ainsi un texte d’introduction de l’auteur, ainsi que deux d’entretien passionnant. La couverture dessinée par l’artiste Paully Lingerfelt annonce d’ores et déjà la couleur pour la suite de l’ouvrage.

Le plus intéressant dans cet ouvrage est pour moi son aspect documentaire qui prend pour sujet les caramels Curves et les Southern Riderz. À travers chacun de ces deux sujets sont évoqués des valeurs essentielles qui caractérisent les habitant de la Nouvelle Orléan.

Les Caramel Curves

Ce groupe de motardes au look extravagant sont à elle seules un vrai plaidoyer féministe et humaniste. Ne se contentant pas de faire « comme les hommes », elles préfèrent s’emparer de ce domaine jusqu’ici dominé par les hommes et le transformer jusqu’à en proposer une nouvelle version. Cette interprétation nouvelle du domaine semble être axé autour de l’idée d’émancipation et de l’expression authentique de ce qui constitue leur forte personnalité.

Loin de l’image sombre que l’on peut parfois avoir des clubs de biker, ce club-ci, composé entre autres de mères de famille, fait la part belle à l’entre aide, le respect, la sécurité et le partage. On notera également que c’est par l’expression de leur différence et de leur originalité qu’elles attire l’attention et s’impose comme nouvelle référence du domaine.

Les Southern Riderz

Leur monture n’a pas deux roues mais plutôt quatre pattes et une crinière. Ces cowboys citadins, amoureux des chevaux, participent régulièrement aux nombreuses parades et défilés organisés à la Nouvelle Orléans. Loin d’être un simple passe-temps, il s’agit ici d’une passion qui conditionne leur mode de vie. Une passion prise très à coeur et qui selon les dires de Chris l’un des membre des Southern Riderz, « leur permet de rester dans le droit chemin et d’éviter les ennuis ». Faire partie de ce club équestre est un moyen pour eux de s’épanouir, d’apprendre les responsabilités. En effet s’assuré du bien être et de la bonne éducation d’un cheval destiné a participer aux parade n’est pas une mince affaire.
Cette communauté partageant des valeurs commune et participant activement a l’éducation et au lien sociale fait plaisir à voir.

On remarquera que les deux sujets qu’Akasha décide d’approfondir parlent de « Riders » un terme difficile à traduire en français mais qui désigne tous ceux qui se déplacent sur une monture, métallique ou vivante. Ces montures qui semblent rapprocher les habitant, les pousser à s’exprimer de façon authentique et leur apprendre des valeurs, comme si la liberté et le potentiel d’évasion que leurs offres ces montures était ici la clé de l’épanouissement.

Ce qui saute également aux yeux d’un photographe documentaire tel que moi, c’est la manière dont ces images traduisent la relation de l’artiste à son sujet. Non seulement il semble exister une vraie confiance entre eux, mais on peut également aisément imaginer un large sourire s’afficher sur le visage la photographe à chaque déclenchement. Selon Ashaka utilise l’appareil photo comme un moyen d’aller à la rencontre de l’autre et de contribuer à l’existence et à l’épanouissement de celle et ceux qu’elle choisis de photographier.

Pour terminer, j’aimerai dire que, si certains articles à propos de cet ouvrage parlent de résilience pour qualifier l’attitude des New-Orleanais, je parlais quand à moi plutôt d’une leçon d’authenticité et de joie de vivre car, s’il est indéniable que les néo-orléanais font preuve d’une résilience qui force le respect ce que je retiennent de la lecture de cet ouvrage, c’est avant tout une éruption d’énergie positive et bienveillante qui semble nous inviter à vivre pleinement tant que la mort inévitable ne nous à pas encore attrapé.

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